{"id":71,"date":"2025-03-29T12:04:01","date_gmt":"2025-03-29T12:04:01","guid":{"rendered":"https:\/\/souveraineterdc.org\/?page_id=71"},"modified":"2025-03-31T15:39:43","modified_gmt":"2025-03-31T15:39:43","slug":"francais","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/souveraineterdc.org\/?page_id=71","title":{"rendered":"Fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Lettre des Intellectuel.le.s Congolais.es et ami.e.s au Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nous, \u00e9crivains, artistes, journalistes, religieux, avocats, m\u00e9decins, membres de la soci\u00e9t\u00e9 civile, chercheurs et professeurs des universit\u00e9s au Congo et dans le monde, ayant pris connaissance de la lettre que des intellectuels rwandais \u00e9parpill\u00e9s sur les diff\u00e9rents continents et une poign\u00e9e de leurs amis \u00e9trangers vous ont adress\u00e9e \u00e0 propos des tragiques \u00e9v\u00e9nements dans l\u2019Est de notre pays (cf.<em>genocidealertdrc.org<\/em>), avons jug\u00e9 indispensable de joindre ici des pr\u00e9cisions utiles dans la recherche d\u2019une solution durable \u00e0 la crise&nbsp; dans l\u2019Est du Congo.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>De prime abord, il apparait clairement que la plupart des personnalit\u00e9s signataires de cette lettre aient, de bonne foi, r\u00e9pondu \u00e0 des sollicitations insistantes de ses auteurs, dont l\u2019unique objectif \u00e9tait de d\u00e9fendre \u00ab&nbsp;leur cause&nbsp;\u00bb, fut-ce au d\u00e9triment des principes et des v\u00e9rit\u00e9s historiques. On se serait attendu, au moins, \u00e0 ce que les signataires d\u00e9plorent, en pr\u00e9alable, les faits pr\u00e9sents&nbsp;: massacres des populations civiles \u00e0 Goma&nbsp;; multiples ex\u00e9cutions sommaires \u00e0 Bukavu&nbsp;; destructions des camps des r\u00e9fugi\u00e9s&nbsp;; viols des femmes et jeunes filles&nbsp;; imposition des s\u00e9vices corporels d\u00e9gradants&nbsp;; exclusion des humanitaires de la zone d\u2019occupation. Aucune condamnation de ces crimes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne pouvons qu\u2019\u00eatre surpris par la volont\u00e9 manifeste des auteurs de la lettre d\u2019ignorer l\u2019un des principes fondamentaux du droit international&nbsp;: le respect de la souverainet\u00e9 et de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale, qui fonde aujourd\u2019hui les condamnations de l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 internationale face aux violences et violations perp\u00e9tr\u00e9es par le Rwanda depuis 30 ans et sa pr\u00e9sence sur le territoire de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo. Les auteurs de la lettre justifient m\u00eame cette violation du principe, en expliquant que le conflit \u00e0 l\u2019Est du Congo ne devait pas \u00eatre compris au travers du \u00ab&nbsp;<em>narratif unique du risque de balkanisation du Congo et d\u2019exploitation de ses ressources naturelles<\/em>&nbsp;\u00bb, mais qu\u2019il est le r\u00e9sultat d\u2019un m\u00e9lange explosif des tensions sociales et \u00e9conomiques, dont principalement l\u2019exclusion des Tutsi congolais. Pour les auteurs donc, plus que les vell\u00e9it\u00e9s d\u2019expansion territoriale et l\u2019exploitation des ressources mini\u00e8res, le sort des Tutsi congolais et la pr\u00e9sence des membres des <em>Forces D\u00e9mocratiques de Lib\u00e9ration du Rwanda<\/em> (FDLR) justifieraient la violation du principe d\u2019intangibilit\u00e9 des fronti\u00e8res par le Rwanda.<\/p>\n\n\n\n<p>Les signataires ont omis d\u2019expliquer en quoi ces actes guerriers et criminels am\u00e9liorent la situation des Tutsi au Congo. Par contre, un intellectuel tutsi congolais, Alexis Gisaro, de surcro\u00eet ministre des Travaux Publiques \u00e0 Kinshasa, a d\u00e9clar\u00e9 clairement, au nom de sa communaut\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nous n\u2019avons charg\u00e9 aucun Etat \u00e9tranger de s\u2019occuper de nous<\/em>&nbsp;!\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les attaques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es du territoire congolais par le Rwanda, cinq au total depuis 1996 \u00e0 ce jour, ont en effet contribu\u00e9, de l\u2019avis de tous, \u00e0 compliquer la situation des Congolais d\u2019expression kinyarwanda. Qu\u2019on en juge par la comparaison de la situation de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies \u00e0 celle des ann\u00e9es ant\u00e9rieures, de la p\u00e9riode coloniale aux ann\u00e9es 90.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9galement \u00e9tonnant de constater que les auteurs de la lettre r\u00e9duisent l\u2019essence, l\u2019existence et la gouvernance de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, un pays d\u2019une superficie de 2 345 410 km2, de pr\u00e8s 450 ethnies diverses, d\u2019une population d\u00e9passant les 100 millions d\u2019habitants, dot\u00e9 d\u2019institutions d\u00e9mocratiques, \u00e0 un face-\u00e0-face, entre l\u2019Etat et ses populations d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et la minorit\u00e9 tutsi repr\u00e9sentant moins d\u2019un pourcent de la population totale, de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre approche scandaleuse des auteurs est celle de consid\u00e9rer que l\u2019id\u00e9ologie et la pratique du g\u00e9nocide tutsi seraient une fatalit\u00e9 et imp\u00e9rativement g\u00e9n\u00e9ralisable&nbsp;; et que le Congo serait en posture morale, permanente et officielle de s\u2019y livrer. Les Nations unies sont pour cela exhort\u00e9s <em>\u00ab&nbsp;\u00e0 ne pas r\u00e9p\u00e9ter les m\u00eames tragiques erreurs d\u2019appr\u00e9ciation que lors du g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 contre les Tutsi au Rwanda en 1994<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Monsieur le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une \u00e9tude approfondie de l\u2019histoire de toute la r\u00e9gion, la lettre pr\u00e9sente l\u2019\u00e9mergence du M23 comme la \u00ab&nbsp;<em>cons\u00e9quence de la privation syst\u00e9matique des droits humains des Banyarwanda et des Tutsi en RDC<\/em>&nbsp;\u00bb. Au- del\u00e0 du fait que ces affirmations qui se donnent un caract\u00e8re aussi scientifique auraient d\u00fb \u00eatre fond\u00e9es sur des r\u00e9f\u00e9rences pr\u00e9cises et irr\u00e9futables, nous souhaitons relever l\u2019utilisation malicieuse simultan\u00e9ment des termes \u00ab&nbsp;Banyarwanda et Tutsi&nbsp;\u00bb. Il existe en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, notamment dans le Nord Kivu, des populations parlant le kinyarwanda, compos\u00e9es des Hutu, majoritaires, et des Tutsi. Il rel\u00e8ve de l\u2019honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle d\u2019indiquer que les diff\u00e9rentes r\u00e9bellions et exp\u00e9ditions punitives conduites par le Rwanda depuis 30 ans ont eu pour unique objectif la d\u00e9fense des seuls Tutsi et que les Hutu congolais en ont \u00e9t\u00e9 massivement victimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Permettez-nous de vous prier de noter ces faits significatifs, d\u00e9montrant le contraire de ce que l\u2019on s\u2019efforce de vous faire croire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>En ce moment o\u00f9 s\u00e9vit la guerre dans l\u2019Est du pays, il existe des Congolais tutsi, membres du gouvernement, du parlement et des institutions publiques congolaises, y compris de l\u2019arm\u00e9e, comme le g\u00e9n\u00e9ral Masunzu. <strong>O\u00f9 serait cette haine des Tutsi ?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Du point de vue historique, la grande majorit\u00e9 des Rwandophones au Congo ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s par le pouvoir colonial dans le cadre des initiatives du soutien \u00e0 l\u2019industrie congolaise naissante (1927) ou, comme geste humanitaire de drainage du trop-plein du peuplement rwandais vers le Kivu (1937-1945, 1949-1955). La veille de l\u2019ind\u00e9pendance du Congo, la loi \u00e9lectorale coloniale du 23 mars 1960 n\u2019a pas accord\u00e9 \u00e0 tous ses immigr\u00e9s et leurs descendances, la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e9lecteurs&nbsp;; elle n\u2019avait reconnu ce droit qu\u2019aux r\u00e9sidants de plus de dix ans. Pourtant, d\u00e8s le premier gouvernement en 1960, le Congo ind\u00e9pendant comptait un rwandophone parmi ses membres, en la personne de Marcel Bisukiro, ministre du Commerce ext\u00e9rieur. <strong>En ce temps-l\u00e0 o\u00f9 \u00e9tait la soi-disant haine des Rwandophones de la part du peuple congolais&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>De 1959 \u00e0 1994, pendant quatre d\u00e9cennies, le Congo-Za\u00efre a re\u00e7u, accueilli et int\u00e9gr\u00e9 socialement des contingents de <strong><em>r\u00e9fugi\u00e9s tutsi<\/em><\/strong>, condamn\u00e9s \u00e0 l\u2019exil, fuyant les pogroms rwandais. Plusieurs ont suivi des \u00e9tudes dans les \u00e9coles et universit\u00e9s congolaises, b\u00e9n\u00e9ficiant m\u00eame de bourses d\u2019\u00e9tudes. Ils ont par la suite occup\u00e9 des fonctions diverses dans les institutions de la R\u00e9publique et les services publiques&nbsp;; exerc\u00e9 des m\u00e9tiers comme hommes d\u2019affaires, avocats, enseignants d\u2019\u00e9cole secondaire ou professeurs d\u2019Universit\u00e9. Le plus connu d\u2019entre eux, Barth\u00e9lemy Bisengimana Rwema, un ing\u00e9nieur dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9 Lovanium de Kinshasa, fut Directeur de cabinet de Mobutu, de 1969 \u00e0 1977, et exer\u00e7a pratiquement des responsabilit\u00e9s normalement d\u00e9volues \u00e0 un Vice-Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. C\u2019est lui qui g\u00e9ra le dossier de nationalisation des entreprises (<em>za\u00efrianisation<\/em>), cr\u00e9ant une baronnie tutsie au Congo, particuli\u00e8rement au Kivu. C\u2019est \u00e0 lui aussi qu\u2019est attribu\u00e9e la Loi N\u00b072-002, du 5 janvier 1972, qui stipule que des personnes originaires du Ruanda-Urundi \u00e9tablies dans la province du Kivu avant le 1 janvier 1950 \u00e0 la suite de la d\u00e9cision de l\u2019autorit\u00e9 coloniale, et qui ont continu\u00e9 \u00e0 r\u00e9sider depuis lors dans le pays , ont acquis la nationalit\u00e9 za\u00efroise \u00e0 la date du 30 juin 1960. <strong>En ce temps-l\u00e0 o\u00f9 \u00e9tait la haine des &nbsp;Tutsi&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Dans les r\u00e9bellions mul\u00e9listes qui s\u2019organis\u00e8rent au Sud-Kivu, les r\u00e9fugi\u00e9s tutsi combattirent activement aux c\u00f4t\u00e9s des rebelles congolais, comme en t\u00e9moigne Ernesto Che Guevara dans ses \u00e9crits. <strong>En ce temps-l\u00e0 o\u00f9 \u00e9tait la haine des Tutsi&nbsp;? <\/strong>Le r\u00e9volutionnaire bolivien nota, par ailleurs, \u00e0 propos de ces populations d\u2019origine rwandaise qu\u2019il a rencontr\u00e9es dans la r\u00e9gion de Fizi, que celles-ci gardaient fermement l\u2019esprit d\u2019attachement \u00e0 leur patrie d\u2019origine. Auraient-ils une difficult\u00e9 particuli\u00e8re d\u2019int\u00e9gration au sein d\u2019autres communaut\u00e9s&nbsp;?<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Ce sont les immenses privil\u00e8ges conc\u00e9d\u00e9s aux Tutsi, \u00e0 l\u2019\u00e8re de Bisengimana, qui finirent par exasp\u00e9rer la col\u00e8re des non Tutsi. La mont\u00e9e de leur revendication s\u2019enflammait \u00e0 mesure que le pouvoir de Mobutu d\u00e9clinait. S\u2019il n\u2019y a jamais eu de molestation d\u2019\u00e9tudiants tutsi au campus de Kinshasa, il y a eu, en revanche, la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, \u00e0 la Conf\u00e9rence Nationale Souveraine, dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral de ce qui fut \u00e0 l\u2019\u00e9poque qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;Za\u00efrois de nationalit\u00e9 douteuse&nbsp;\u00bb, des Rwandophones, qu\u2019ils soient tutsi ou hutu. Ce sentiment fut par suite exacerb\u00e9 du fait que plusieurs Tutsi, consid\u00e9r\u00e9s comme congolais, apport\u00e8rent ostensiblement leur soutien moral et financier \u00e0 la r\u00e9bellion contre l\u2019ancien r\u00e9gime du Rwanda et que certains, surtout du Masisi et du Rutshuru, la rejoignirent. Plusieurs cadres tutsi congolais apport\u00e8rent eux-m\u00eames la preuve de cette complicit\u00e9, en regagnant massivement le Rwanda \u00e0 la prise de pouvoir par le FPR, en y occupant de hautes fonctions, y compris dans l\u2019arm\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>De plus, pendant toute la p\u00e9riode allant du renversement de Mobutu, en mai 1997, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Felix Tshisekedi, en janvier 2019, \u00e0 l\u2019exception de la petite parenth\u00e8se (mi-1998 \u00e0 janvier 2001) de la brouille entre le Rwanda et Laurent Kabila ayant conduit \u00e0 son assassinat, les \u00e9lites tutsi ont \u00e9t\u00e9 aux commandes r\u00e9elles de principaux rouages du pouvoir en RDC&nbsp;: service d\u2019intelligence, forces de s\u00e9curit\u00e9 et de d\u00e9fense, institutions de la R\u00e9publique. Selon la croyance populaire, rien de significatif n\u2019a pu se faire au Congo, en cette p\u00e9riode, sans la d\u00e9cision de Kigali.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile dans ces conditions de comprendre le discours sur les Tutsi exclus et marginalis\u00e9s tenu par les signataires de cette lettre. Pourtant, les r\u00e9bellions du <em>Rassemblement Congolais pour la D\u00e9mocratie<\/em> (RCD), du <em>Congr\u00e8s National pour la D\u00e9fense du Peuple <\/em>(CNDP) et du M23 sont n\u00e9es, et ont s\u00e9vi dans le Kivu au cours de cette m\u00eame p\u00e9riode, au motif de d\u00e9fendre ces m\u00eames populations &nbsp;tutsi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Monsieur&nbsp;&nbsp; le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avant d\u2019en venir \u00e0 la question des FDLR tant exploit\u00e9e par les autorit\u00e9s rwandaises<\/strong>, permettez-nous, de nous \u00e9tonner du narratif tendancieux de la lettre qui, dans une tentative de recensement des principales forces sur le terrain, place le M23 au m\u00eame niveau que les Forces arm\u00e9es de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (FARDC)&nbsp;; elle associe forc\u00e9ment les FDLR aux Wazalendo en leur attribuant, \u00e0 tous les deux l\u2019id\u00e9ologie g\u00e9nocidaire. Il aurait \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 que les auteurs et les signataires de la lettre vous pr\u00e9sentent des faits document\u00e9s des violences commises sur les Tutsi par les Wazalendo, faits qu\u2019il serait difficile de dissimuler de par la pr\u00e9sence des troupes et services des Nations Unies dans les zones concern\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est surprenant que l\u2019Etat rwandais se pr\u00e9occupe davantage de la situation des Rwandophones congolais (tutsi) et non des Rwandophones rwandais habitant le Congo, au motif qu\u2019ils seraient des g\u00e9nocidaires.<\/strong> Sous ce concept de FDLR, l\u2019Etat rwandais a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 la marginalisation de l\u2019ethnie majoritaire au Rwanda, \u00e0 savoir les Hutu, d\u00e9cim\u00e9s et massacr\u00e9s depuis trois d\u00e9cennies au Congo. Dans l\u2019imaginaire populaire cr\u00e9\u00e9 par le pouvoir rwandais, aujourd\u2019hui Hutu=Interahamwe=FDLR.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour rappel, les arm\u00e9es ougando-rwandaises ont massacr\u00e9 syst\u00e9matiquement les r\u00e9fugi\u00e9s hutu, au cours des ann\u00e9es 1996-97, dans les for\u00eats congolaises au point que certains analystes ont parl\u00e9 de g\u00e9nocide hutu ayant succ\u00e9d\u00e9 au g\u00e9nocide tutsi. Le plus marquant a \u00e9t\u00e9 le massacre de centaine de milliers des r\u00e9fugi\u00e9s hutu dans la for\u00eat de <em>Tingitingi<\/em>, suffisamment document\u00e9 notamment par le <em>Rapport Mapping<\/em> et plusieurs organisations des droits de l\u2019homme, et sur l\u2019enqu\u00eate duquel les Nations unies n\u2019obtinrent jamais l\u2019autorisation des rebelles congolais de l\u2019AFDL et de leurs soutiens rwandais. L\u2019ambassadeur du Rwanda \u00e0 l\u2019ONU d\u00e9clara m\u00eame, le.3 f\u00e9vrier 1997&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il n\u2019y a pas de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du Za\u00efre, mais 40 000 soldats hutu et leurs familles.<\/em>&nbsp;\u00bb La communaut\u00e9 internationale a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 oublier ces massacres qui continuent \u00e0 hanter la m\u00e9moire des paysans congolais qui n\u2019avaient jamais vu auparavant des violences de cette ampleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9bellions rwandaises de RCD, du CNDP et du M23 ont poursuivi cette besogne de 1998 \u00e0 nos jours. Et, pour en finir avec l\u2019accusation r\u00e9currente de complicit\u00e9 avec le FDLR, la RDC, sur injonction de la communaut\u00e9 internationale, avait autoris\u00e9 l\u2019arm\u00e9e rwandaise \u00e0 entrer sur le territoire congolais pour faire la chasse des Interahamwe (hutu), de 2009 \u00e0 2012, sous le label des op\u00e9rations d\u00e9nomm\u00e9es successivement <em>Umoja wetu<\/em> (notre unit\u00e9), <em>Kimia<\/em> I et II (paix), <em>Amani leo<\/em> (la paix aujourd\u2019hui).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la suite, le Gouvernement de la R\u00e9publique a sign\u00e9 en date du 31 juillet 2002 l\u2019Accord dit de Pr\u00e9toria avec le Rwanda, en pr\u00e9sence du Gouvernement Sud-Africain qui en constituait une Tierce Partie. Cet Accord consacrait une donne de r\u00e9duire sensiblement les FDLR op\u00e9rationnels sur le sol de la RDC en \u00e9change du retrait des Troupes Rwandaises du territoire Congolais.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs rapatriements des FDLR et leurs d\u00e9pendants ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 partir de la Base Militaire de KAMINA avec le concours dans Nations Unies \u00e0 travers son op\u00e9ration de maintien de la paix, la MONUC, devenue plus tard MONUSCO. <strong>Notre argumentaire repose sur des dates et faits que vos services comp\u00e9tents pourraient corroborer parce que rien ne s\u2019est fait sans qu\u2019ils ne soient associ\u00e9s. Les voici :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le 18 avril 2014&nbsp;<\/strong>: le Responsable de la force n\u00e9gative rwandaise, FDLR, avait adress\u00e9 une lettre \u00e0 plusieurs personnalit\u00e9s du monde pour les informer de leur engagement \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 partir du 30 mai 2014, et devant t\u00e9moins, au d\u00e9sarmement volontaire de leurs combattants pr\u00e9sents depuis plusieurs ann\u00e9es dans les provinces congolaises du Nord et Sud Kivu.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le 2 juillet 2014<\/strong> \u00e0 Luanda en Angola.&nbsp; Mandat\u00e9s par leurs chefs d\u2019Etat respectifs soucieux de pr\u00e9server les vies humaines, les ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res et de D\u00e9fense nationale des Etats membres aussi bien de la SADC que de la CIRGL avaient d\u00e9cid\u00e9 d\u2019accorder aux FDLR un d\u00e9lai maximum de 6 mois soit jusqu\u2019au 2 janvier 2015 pour respecter cet engagement faute de quoi, l\u2019option militaire serait d\u00e9clench\u00e9e \u00e0 l\u2019endroit de leurs combattants qui, \u00e0 cette \u00e9ch\u00e9ance, n\u2019auraient&nbsp;pas d\u00e9pos\u00e9 volontairement les armes.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Au 02 janvier 2015<\/strong>, le Gouvernement de la RDC ainsi que la MONUSCO, la SADC, la CIRGL, l\u2019Union Africaine et le M\u00e9canisme&nbsp;&nbsp; conjoint de v\u00e9rification \u00e9largie compos\u00e9 des Experts militaires de tous les Etats membres de la CIRGL, t\u00e9moins du processus de d\u00e9sarmement volontaire annonc\u00e9 par les FDLR, ont fait le constat que la reddition des combattants FDLR&nbsp;&nbsp; s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 en trois vagues, de la mani\u00e8re suivante :<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le 20 mai 2014<\/strong> : 104 combattants \u00e0 KATEKU dans la province du Nord Kivu se sont rendus avec 104 armes d\u00e9pos\u00e9es dont 12 armes collectives.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le 9 juin 2014&nbsp;<\/strong>: 83 combattants \u00e0 KIGOGO dans la province du Sud Kivu se sont rendus avec 83 armes d\u00e9pos\u00e9es dont 8 collectives.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le 28 d\u00e9cembre 2014<\/strong> : 84 combattants \u00e0 BULEUSA dans le Nord Kivu et 67 \u00e0 BURINYI au Sud Kivu se sont rendus avec, respectivement, 37 et 30 armes d\u00e9pos\u00e9es dont globalement 11 armes collectives.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Au total,338 combattants se sont rendus avec 254 armes d\u00e9pos\u00e9es. Ce qui ne repr\u00e9sentait que 26 % de l\u2019effectif total de combattants FDLR pr\u00e9sents en RDC \u00e9valu\u00e9s \u00e0 1300 en octobre 2012 par l\u2019\u00e9quipe militaire d\u2019\u00e9valuation, organe mis sur pied \u00e0 cet effet par le Sommet de Chef d\u2019Etat et de Gouvernement de la CIRGL, et compos\u00e9 d\u2019Experts militaires de cette organisation r\u00e9gionale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le 8 d\u00e9cembre 2016<\/strong>, la RDC a remis sans beaucoup de difficult\u00e9s Ladislas NTAGANZWA, un chef FDLR, arr\u00eat\u00e9 au Nord-Kivu.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le 30 Novembre 2018<\/strong>&nbsp;: il y eut fermeture des camps de Walungu, Kanyabayonga et Kisangani et rapatriement au Rwanda de tous les FDLR et leurs d\u00e9pendants soit un total de 1609 combattants rapatri\u00e9s.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Septembre 2019<\/strong>&nbsp;: on&nbsp; a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la neutralisation de Sylvestre MUDACHUMURA et Ignace IRETEGEKA, leaders des FDLR, par une op\u00e9ration conjointe FARDC et Arm\u00e9e Rwandaise<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Septembre 2024<\/strong>&nbsp;: Alors que le processus de Luanda pi\u00e9tinait, le Gouvernement de la RDC a mis la main sur le chef des FDLR, le g\u00e9n\u00e9ral Pacifique NTAWUNGUKA, alias \u00ab&nbsp;Om\u00e9ga&nbsp;\u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>De ce qui pr\u00e9c\u00e8de, force est de noter que le Rwanda n\u2019a jamais fait un seul geste de r\u00e9ciprocit\u00e9 malgr\u00e9 la recommandation du 8\u00e8 Sommet de haut niveau du M\u00e9canisme r\u00e9gional de suivi de l\u2019Accord-cadre qui s\u2019\u00e9tait tenu \u00e0 Brazzaville le 19 octobre 2017 \u00e0 ce propos.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus \u00e9tonnant est que certains de ces \u00e9l\u00e9ments Hutus Rwandais des FDLR, rapatri\u00e9s au Rwanda, se sont retrouv\u00e9s \u00e0 nouveau au Congo, massacrant les populations congolaises et pillant les ressources naturelles.&nbsp; Il y aurait ainsi de vrais et de faux FDLR. <strong>C\u2019est au Congo et non au Rwanda que les FDLR ont r\u00e9alis\u00e9 le plus de massacres des populations civiles, tout en continuant \u00e0 servir d\u2019alibis au maintien des r\u00e9gions congolaises enti\u00e8res sous la sph\u00e8re d\u2019influence du Rwanda.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Monsieur le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous soumettons \u00e0 votre juste appr\u00e9ciation le fait que le M23, condamn\u00e9 par plusieurs r\u00e9solutions du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies, par l\u2019Union africaine et l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi par les Communaut\u00e9 \u00e9conomiques r\u00e9gionales africaines, soit totalement exon\u00e9r\u00e9 et blanchi par les auteurs et les signataires de cette lettre.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous tenons humblement \u00e0 rappeler que, ainsi que l\u2019ont attest\u00e9 plusieurs rapports des Nations Unies, des ONG nationales et internationales, ainsi que des m\u00e9dias, des crimes de guerre et des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 se poursuivent&nbsp;de la part de ce groupe arm\u00e9 et de ses soutiens rwandais : des massacres de civils, des violences sexuelles, le recrutement d\u2019enfants soldats, les d\u00e9placements des milliers de personnes, etc. Les milliers de morts victimes de l\u2019invasion de Goma (plus de 6000) en t\u00e9moignent, tout comme une vid\u00e9o devenue virale sur les r\u00e9seaux sociaux montrant un soldat rwandais membre de cette exp\u00e9dition se vantant d\u2019avoir viol\u00e9 une religieuse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sur la pr\u00e9sence des troupes des Nations Unies, nous <\/strong>nous limitons \u00e0 nous \u00e9tonner que les auteurs et les personnalit\u00e9s signataires de cette lettre, ressortissants des pays membres des Nations Unies et sollicitant l\u2019intervention du Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU, puissent consid\u00e9rer de mani\u00e8re aussi partisane que<ins> <\/ins>la MONUSCO \u00ab&nbsp;<em>s\u2019est \u00e9loign\u00e9e de sa mission de maintien de la paix en s\u2019associant \u00e9troitement \u00e0 ces groupes arm\u00e9s (g\u00e9nocidaires<\/em>)&nbsp;\u00bb. Nous d\u00e9plorons le fait que la MONUSCO ait \u00e9t\u00e9 plusieurs fois vis\u00e9e par les attaques du M23, et qu\u2019il y ait eu des pertes humaines.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Monsieur le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qu\u2019il y ait un lien plus qu\u2019\u00e9vident entre ces attaques meurtri\u00e8res et l\u2019exploitation ill\u00e9gale des ressources naturelles du sol et du sous-sol congolais, le fait est largement affirm\u00e9 et confirm\u00e9, chiffres \u00e0 l\u2019appui, par plusieurs observateurs, chercheurs et analystes de la situation.<\/strong> Il serait pr\u00e9tentieux voire ind\u00e9cent de le remettre en cause et de faire croire que tous les rapports des Comit\u00e9s des Experts des Nations Unies se seraient tromp\u00e9s. M\u00eame le tout dernier rapport d\u00e9montre que le choix des r\u00e9gions attaqu\u00e9es ob\u00e9it m\u00e9ticuleusement \u00e0 des emplacements des sites d\u2019exploitation artisanale des minerais strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est une autre raison que les signataires de la lettre pr\u00e9f\u00e8rent taire, mais qui apparait clairement dans les discours officiels au Rwanda : les vis\u00e9es expansionnistes du r\u00e9gime de Kigali et la volont\u00e9 de conqu\u00eate d\u2019une partie du territoire congolais sous le pr\u00e9texte fallacieux du mythe de reconstitution du grand Rwanda pr\u00e9colonial<\/strong>. Cette ambition, les dirigeants rwandais l\u2019expriment depuis 30 ans. Le 10 octobre 1996 \u00e0 Cyangugu, Pasteur Bizimungu, \u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9sident du Rwanda, n\u2019a-t-il pas d\u00e9clar\u00e9&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Si nos combattants sont actuellement au Za\u00efre, ils y sont chez eux<\/em>&nbsp;!&nbsp;\u00bb. En avril 2023, Paul Kagam\u00e9, en visite \u00e0 Cotonou au B\u00e9nin, a \u00e0 son tour affirm\u00e9 :<em> Les fronti\u00e8res qui ont \u00e9t\u00e9 trac\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale ont divis\u00e9 nos pays&nbsp;; une grande partie du Rwanda a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dans l\u2019est du Congo.&nbsp;\u00bb <\/em>Sans \u00e9voquer le principe de l\u2019intangibilit\u00e9 des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation, adopt\u00e9 au 2\u00e8 Sommet de l\u2019OUA en 1963,l\u2019existence de ce grand Rwanda n\u2019est reconnue par aucun historien de m\u00e9tier, le royaume du Rwanda n\u2019ayant jamais&nbsp;atteint les dimensions spatiales de l\u2019actuelle R\u00e9publique du Rwanda.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 laquestion des r\u00e9fugi\u00e9s Tutsi congolais vivant au Rwanda, celle-ci constituerait, selon le discours r\u00e9p\u00e9t\u00e9 des dirigeants rwandais, l\u2019une des principales justifications (appel\u00e9es causes profondes du confit) des r\u00e9bellions et de diff\u00e9rentes agressions, car la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo serait oppos\u00e9e \u00e0 leur retour sur la terre natale. La lettre adress\u00e9e au Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral indique pourtant que des milliers de r\u00e9fugi\u00e9s Tutsi rwandais \u00ab&nbsp;<em>sont condamn\u00e9s \u00e0 une vie pr\u00e9caire dans des camps au Burundi, en Ouganda et au Kenya<\/em>&nbsp;\u00bb. <strong>L\u2019histoire nous apprend que la Tanzanie, suite \u00e0 une d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle, a rapatri\u00e9 de force en aout 2013, 15 000 r\u00e9fugi\u00e9s rwandais, principalement tutsi, qui vivaient dans la r\u00e9gion frontali\u00e8re de Kagera. Il est curieux de constater que le gouvernement rwandais, attach\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense des Tutsi, n\u2019ait pas chercher \u00e0 rapatrier ses citoyens ni n\u2019ait fait la guerre \u00e0 ses autres pays voisins qui, il convient de le pr\u00e9ciser, incluent aussi des populations tutsi.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La vie de ces r\u00e9fugi\u00e9s congolais vivant au Rwanda n\u2019est pas non plus des plus ais\u00e9es.&nbsp; Ceux-ci sont estim\u00e9s en centaines de milliers par le gouvernement rwandais, mais \u00e0 80 000 selon les ONG et 72 000 selon les autorit\u00e9s congolaises. Cinq d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s et une vingtaine, bless\u00e9s par la police, en f\u00e9vrier 2018 au camp de Kiziba \u00e0 l\u2019Ouest du Rwanda, lors de la r\u00e9pression intervenue apr\u00e8s plusieurs jours de protestation contre la r\u00e9duction des rations alimentaires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En mai 2023, un Accord tripartite a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 entre le Gouvernement de la RDC, le Gouvernement du Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les R\u00e9fugi\u00e9s, relatif au rapatriement volontaire des r\u00e9fugi\u00e9s congolais vivant au Rwanda. Le Rwanda n\u2019a jamais acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la demande de contr\u00f4le physique individuel r\u00e9glementaire par les deux autres partenaires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Monsieur le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Permettez-nous de conclure.<\/p>\n\n\n\n<p>La solution durable \u00e0 la crise pr\u00e9sente doit effectivement prendre en compte les causes profondes de ces conflits. Ces causes profondes ne sont pas congolaises&nbsp;; elles sont intra-rwandaises et r\u00e9sident dans l\u2019antagonisme entre Tutsi et Hutu. La Communaut\u00e9 internationale, pourtant consciente de cette r\u00e9alit\u00e9, fait semblant de l\u2019ignorer. Pour \u00e9viter de se brouiller avec le r\u00e9gime de Kigali qui a su instrumentaliser la mauvaise conscience internationale au sujet du g\u00e9nocide tutsi, celle-ci pr\u00e9f\u00e8re adopter une posture de complaisance pour faire plaisir au r\u00e9gime rwandais, \u00e9vitant d\u2019\u00eatre accus\u00e9e de n\u00e9gationnisme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Seule, la vraie r\u00e9conciliation tutsi-hutu, sur le territoire du Rwanda, serait le v\u00e9ritable point de d\u00e9part d\u2019une paix durable, la base \u00ab&nbsp;existentielle&nbsp;\u00bb de la concorde dans les pays des Grands Lacs. La guerre du Kivu n\u2019est que le prolongement d\u2019une interminable guerre rwando-rwandaise sur le territoire congolais, une guerre instrumentalis\u00e9e \u00e0 souhait pour des vis\u00e9es expansionnistes et des pratiques maffieuses de commercialisation et de financement de l\u2019\u00e9conomie des minerais, de terres rares et d\u2019exploitations agricoles et foresti\u00e8res.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La communaut\u00e9 internationale et les institutions religieuses, nationales et r\u00e9gionales, devraient prendre le courage d\u2019ouvrir cet \u00e9pineux dossier pour mettre d\u00e9finitivement un terme \u00e0 l\u2019actuelle spirale des guerres et des violences. Ramener cette crise \u00e0 la solution de simples querelles politiciennes au Congo, serait une tr\u00e8s grave erreur, comme l\u2019a d\u00e9montr\u00e9e notre histoire r\u00e9cente.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous vous encourageons, Monsieur le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 poursuivre vos efforts de prendre en charge cette \u00e9pineuse question dans sa globalit\u00e9, pour l\u2019honneur de l\u2019humanit\u00e9 et la cr\u00e9dibilit\u00e9 des Nations Unies.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/forms\/d\/e\/1FAIpQLSdYdKv7CeuUkklDVgT7zsLygUTzBHqoc44P0UuRJFUEx573gQ\/viewform?usp=header\" title=\"Pour ajouter votre signature, cliquez ici\">Pour ajouter votre signature, cliquez ici<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lettre des Intellectuel.le.s Congolais.es et ami.e.s au Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU Nous, \u00e9crivains, artistes, journalistes, religieux, avocats, m\u00e9decins, membres de la soci\u00e9t\u00e9 civile, chercheurs et professeurs des universit\u00e9s au Congo et dans le monde, ayant pris connaissance de la lettre &hellip; <a href=\"https:\/\/souveraineterdc.org\/?page_id=71\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":6,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-71","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/71","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=71"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/71\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":175,"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/71\/revisions\/175"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/souveraineterdc.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=71"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}